Ce texte fait suite à Les phares sur la plage, qui raconte notre arrivée à Mont-Saint-Pierre en 1977.
Pas un jour de repos
Après l'atterrissage sur la plage, nous sommes restés quelques jours à Mont-Saint-Pierre. Plusieurs familles du village ont embarqué tout de suite dans l'organisation d'une fête pour l'année suivante : les Coulombe, les Ouellet, les Mercier.
Pas un jour de repos. Si le vent était bon pour voler, monsieur Ouellet venait nous réveiller dans notre tente :
« Les goélands sont au-dessus de la montagne. Faut monter ! »
Les réunions de Sainte-Julie
Pendant l'hiver 1977-1978, il y a eu plusieurs réunions chez Marcel, à Sainte-Julie, pour organiser le festival. On a passé une annonce dans la revue américaine Hang Gliding.
Pendant ce temps-là, à Mont-Saint-Pierre, on ne décollerait plus de la croix. Les gens du village ont défriché le sommet et construit une plateforme de décollage.
1978, le premier Festival du vol libre
L'annonce avait porté. Nous avions des pilotes de Californie, du Tennessee, d'Hawaï, et plusieurs de grande renommée. La compagnie Wills Wing, encore aujourd'hui numéro un mondial, y avait envoyé son représentant, Rob Kells, un des quatre associés de la compagnie. Wills Wing se souvient de Rob Kells (en anglais).
Sur cette photo, beaucoup de monde important. De gauche à droite : Jean Madgin ; Léon Coulombe, qui assurait le transport vers le sommet avec le towing du village ; Daniel Guay, de l'école de Victoriaville ; Tony Dinielli, mon partenaire ; moi, avec la tuque et la chemise à carreaux ; et, à genoux, Raymond Hallé, de l'école de Québec.
Le dimanche, le village est tombé à sec de bière. Il a fallu faire venir des camions de Matane.
Toute une rencontre mémorable.
Le dispatcher
À cette période, il y avait quatre instructeurs séniors au Canada, et je représentais le Québec. Sur la montagne, j'étais le dispatcher : c'est moi qui assistais à tous les décollages et qui donnais les autorisations.
Le vent soufflait à la verticale dans la falaise : pour assister les décollages, il fallait être très proche du bord. Je ne voulais pas tomber en bas. Sur ma recommandation, une cage suspendue dans le vide a été construite une semaine avant le début de la rencontre. Elle m'a permis d'être au-dessus du vide.
L'équipe de tournage de Radio-Canada à Matane est venue filmer la rencontre de 1978 pour l'émission Reflets d'un pays. Le film a ensuite été repris dans Téléjeans, animée par Jacques Lemieux, le 2 juin 1979. On y voit la plateforme, et on m'y voit à l'ouvrage. Le film, dans les archives de Radio-Canada (sur Facebook).
La fête de 1978 a été suivie de plus de quarante autres. En 2017, Radio-Canada racontait que le site avait été découvert par « un père et son fils de la Montérégie ». C'était Marcel et moi. L'article de Radio-Canada.
Aujourd'hui, il y a cinq plateformes au sommet, et l'église du village est devenue la Salle du clocher, consacrée au vol libre. Les derniers oiseaux de Mont-Saint-Pierre, un beau reportage de Radio-Canada en 2025, et la Station de montagne sur mer.
- Les familles — les Coulombe, les Ouellet, les Mercier
- Monsieur Ouellet — « les goélands sont au-dessus de la montagne »
- Sainte-Julie — les réunions de l'hiver, chez Marcel
- Le sommet — défriché, une plateforme, et une cage suspendue dans le vide pour le dispatcher
- Les pilotes — de Californie, du Tennessee, d'Hawaï, et Rob Kells pour Wills Wing
- Le dimanche — plus de bière, des camions de Matane
Vous étiez à Mont-Saint-Pierre en 1978 ? Vous avez des photos, des souvenirs ? Racontez-les en commentaire.
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