Ce texte fait suite à La colline et le vent, qui raconte 1975.
Les hivers dans la cave
L'hiver venu, retour au travail. À cette époque, j'étais technicien de skis au magasin André Jac Sport, à Laval, dans la cave : je posais les fixations, j'affûtais, je faisais les mises au point. Ça m'a permis de passer les hivers sans m'endetter.
Mais les fins de semaine, on allait voler dans les stations de ski, l'aile dans sa housse, montée par le télésiège. C'est comme ça que le mot se passait.
Pour être cool, il fallait voler
De retour au printemps, les cours étaient bookés pour tout l'été, toujours sur la côte de Sainte-Julie. On aurait dit qu'à cette époque, pour être cool, il fallait voler. Dans les bars, tout le monde parlait de ça. Il y avait un grand engouement.
Tadoussac, 1976
En juillet, l'Association de deltaplane du Québec, donc la même gang, organise la première compétition, à Tadoussac. Il y avait au moins une vingtaine de pilotes, peut-être plus.
Mais ça ne volait pas beaucoup. La butte est exposée à l'est, et le vent dominant vient de l'ouest. La photo de la dune le montre bien : les ailes sont tournées du mauvais bord.
Le but de la compétition, c'était le temps passé dans les airs. C'est moi qui suis resté en l'air le plus longtemps. Je ne suis même pas sûr que ça faisait une minute.
Le soir, on donnait des cours, et tout le monde avait beaucoup de plaisir.
- Hiver — technicien de skis dans la cave, vols les fins de semaine dans les stations
- Printemps — les cours de Sainte-Julie pleins pour tout l'été
- Juillet — la première vraie compétition, à Tadoussac, une vingtaine de pilotes ou plus
- Moins d'une minute — mon meilleur temps, le plus long de la compétition
La suite : le championnat de Tadoussac 1977, avec la visite de nos concurrents de Calgary, qui fabriquaient les ailes Muller.
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