Depuis 1985
Mon premier savon date de 1985. La recette venait d'un livre, The Art of Soap Making de Merilyn Mohr, et elle se faisait avec du gras de bœuf, comme autrefois. Une fois par mois, j'allais chercher mon gras chez le boucher, qui me le gardait toujours de côté.
Très vite, tout est devenu végétal. Aujourd'hui, ma recette de base, c'est de l'huile d'olive infusée au mélilot tout l'été, du coco, du karité et du sésame. Elle est racontée pas à pas sur la page Savonnerie artisanale.
Mais dès qu'on change une huile ou une quantité, il faut refaire le calcul de soude. Chaque huile a son indice de saponification : le coco en demande beaucoup, l'olive moins, le ricin encore moins. On additionne, on retire un peu pour le surgraissage, cette part d'huile qu'on laisse libre pour la douceur, et on obtient la soude à peser, au gramme près.
Pendant des années, ce calcul, je l'ai fait avec SoapCalc, la référence des savonniers, en anglais. Puis un jour j'ai eu besoin d'autre chose : mes huiles, mes façons de faire, en français. Je savais ce que je voulais, et je savais qu'avec Claude Code, l'intelligence artificielle avec laquelle je bâtis ce site, on était capables de le faire : un calculateur à mon goût, et libre, pour que n'importe qui puisse s'en servir et l'améliorer.
Un calculateur en français, sans compte ni publicité
Le calculateur de savon tient dans une seule page. On choisit la soude (NaOH, pour un savon dur) ou la potasse (KOH, pour un savon liquide), le surgraissage, et on ajoute ses huiles en grammes, en onces ou en pourcentages. Il donne la soude et l'eau à peser, et une idée du savon qu'on obtiendra : dureté, pouvoir nettoyant, mousse, douceur.
Les recettes s'enregistrent dans votre propre navigateur : rien ne part sur un serveur, il n'y a pas de compte à créer. Une recette s'imprime en fiche pour l'atelier, et elle se partage par un simple lien : celui qui l'ouvre voit la recette telle quelle. C'est aussi un logiciel libre : le code est la page elle-même, à étudier et à modifier.
Ce que les savonnières ont demandé
Je l'ai présenté dans quelques groupes Facebook de savonnerie, surtout au Québec, sans trop savoir à quoi m'attendre. J'ai été surpris : beaucoup de commentaires, des questions, des demandes, et plusieurs savonnières l'ont adopté pour de bon. Leurs réponses ont changé l'outil.
Une membre a d'abord fait le test qui compte : elle a entré sa recette habituelle et comparé avec Mendrulandia, le calculateur espagnol que beaucoup utilisent. Résultat : la même soude, à un gramme près. Ça m'a rassuré.
Puis les demandes sont arrivées. Le babassu, pour la mousse. L'arachide, pour une base bien blanche. Ensuite, une utilisatrice voulait plus d'huiles, la saisie en pourcentages et une place pour les ajouts. En une soirée, le calculateur est passé à 54 huiles et beurres, du chanvre au suif, avec une étape pour les ajouts : lait, miel ou acide citrique.
Et une question revenait souvent : j'ai ce moule-là, combien d'huile faut-il? L'encadré « Adapter à mon moule » prend les dimensions intérieures, ou le poids d'eau qu'il contient, et met toute la recette à l'échelle. Pour le mien, ça donne environ 1 228 g de pâte.
La dernière idée est venue d'une savonnière française : « Il faut en faire une app ». C'est fait. Le calculateur s'installe sur un téléphone ou un ordinateur, avec son icône, et fonctionne même sans Internet, à l'atelier. Dans Chrome, touchez « Installer l'application » ; sur iPhone, dans Safari, Partager puis « Sur l'écran d'accueil ».
La soude ne pardonne pas
Un calculateur ne remplace pas la prudence. La soude est corrosive : gants, lunettes, manches longues, et on verse toujours la soude dans l'eau, jamais l'inverse. Pour une recette nouvelle, je vérifie deux fois avant de couler.
« Le savon était la porte. Le calcul, c'est la clé. »
Le calculateur de savon est ouvert à tous. Si une huile vous manque ou si quelque chose n'est pas clair, dites-le-moi dans les commentaires ci-dessous : c'est comme ça qu'il a grandi jusqu'ici.
J'ai écrit cet article avec Claude.
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