Regarder le ciel d'en haut
Quand on a navigué toute sa vie, on garde l'habitude de lever les yeux. Mais d'en bas, on ne voit que ce qui est au-dessus de sa tête. Le satellite, lui, voit venir les choses : la ligne d'orages qui monte de l'Ohio, la dépression qui tourne sur le golfe, le ciel qui se dégage derrière.
Ma carte météo montre l'image du satellite GOES au-dessus de l'est de l'Amérique du Nord, telle que la publie Environnement Canada. Elle se recharge toute seule toutes les dix minutes ; un petit compteur, en bas à droite, dit combien de temps il reste. Pas besoin de rafraîchir la page.
Il y a deux façons de regarder. L'infrarouge montre la chaleur des nuages, de jour comme de nuit : le jaune, l'orange et le rouge marquent les sommets les plus hauts et les plus froids, là où sont les orages. Le visible est une vraie photo, plus fine, mais toute noire la nuit. Un bouton passe de l'une à l'autre, et deux autres rapprochent ou éloignent la vue.
Un clic, une ville
Sur l'image, des points de couleur. Un point rouge, c'est la situation actuelle : un clic ouvre les dernières observations d'une station, avec la température, le vent et la pression. Un point bleu, juste à côté, ouvre les prévisions d'Environnement Canada pour la même ville. Les points orange, en haut à gauche, mènent à la trajectoire des ouragans et à l'image radar.
En tout, il y a 24 stations canadiennes, chacune avec ses prévisions, 6 villes américaines autour des Grands Lacs et, sur la grande carte, 27 bouées de la NOAA en mer, qui donnent le vent, les vagues et la température de l'eau. C'est la même NOAA dont je parlais au printemps, quand Washington coupait dans ses budgets : ses bouées sont encore là, et elles sont précieuses.
Le nom d'un point s'affiche quand on passe la souris dessus. Sur un téléphone, on touche le point. Pour revenir à la carte, le bouton Retour du navigateur.
Des Grands Lacs à Terre-Neuve
Aujourd'hui, la carte a beaucoup grandi. Trois-Rivières s'est ajoutée entre Montréal et Québec. Autour des Grands Lacs, les quelques bouées ont laissé leur place aux villes : Toronto, London, Windsor, Kingston, Sudbury, Sault-Sainte-Marie et Thunder Bay en Ontario, puis Chicago, Milwaukee, Cleveland, Buffalo, Rochester et Duluth aux États-Unis. Pour celles-là, la page d'observations est celle du service météo américain, en anglais.
À l'est, toutes les villes du Québec ont maintenant leurs prévisions, et les provinces de l'Atlantique aussi : Fredericton, Saint John, Charlottetown, Gander, et deux nouvelles venues, Halifax et St. John's.
La carte elle-même est plus grande d'une fois et demie. À sa taille d'origine, l'image du satellite était dure à lire ; agrandie, on distingue bien les côtes et les rivières. Sur un petit écran, elle se réduit d'elle-même pour tenir dans la largeur.
« Le satellite voit venir ce qu'on ne voit qu'en levant les yeux. »
Votre ville n'y est pas?
C'est là que j'ai besoin de vous. Au-dessus de chaque carte, il y a une boîte « Mode d'emploi et demandes de stations », avec un fil de commentaires. Écrivez-y le nom de votre ville ou de votre coin de mer : si je trouve une station proche, je l'ajoute, avec ses prévisions. Les pêcheurs, les marins, les pilotes, les jardiniers et les simples curieux sont tous les bienvenus.
La carte est gratuite, sans compte et sans publicité. Les images et les observations viennent d'Environnement Canada et de la NOAA ; moi, je n'ai fait que tout réunir au même endroit. Ouvrez la carte infrarouge, la vue rapprochée, ou toute la page météo, et gardez-la dans vos favoris.
J'ai écrit cet article avec Claude.

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